Or donc, voilà que j’étais en vacances au Pays Basque et que je suis rentrée à Paris une semaine plus tôt que prévu, vaincue par le froid, la pluie bref, le mauvais temps. Je venais de passer quinze jours pelotonnée sur un Chesterfield, à lire alternativement Le Monde et Lucien Bodard, ce qui est tout de même une situation plus enviable que d’être au fond de la mine, à pousser les wagonnets. Mais l’insatisfaction chronique est l’apanage des âmes bien nées (dit-on) et j’aurais préféré le soleil brûlant des plages entrecoupé de baignades dans les vagues de l’Océan Atlantique, magnifique et presque parfois sauvage sur cette côte occidentale. Las, j’ai dû me contenter de le regarder de loin, sous l’abri relatif et précaire de mon parapluie.
Curieusement, j’aime la pluie à Paris. Je patauge presque avec bonheur sur les trottoirs luisants. J’écoute son chant délicat sur les pavés, sur les toits en zinc des immeubles de la rue. Je l’aperçois dans la lueur du réverbère. Je sens sa présence bienfaisante pour mes modestes jardinières et l’herbe du chat Lilou, qui croît et embellit après chaque averse.
Avec la pluie, me vient une sorte de vacuité de l’âme qui s’apparente à des vacances intérieures. J’abandonne le stress et l’inquiétude, j’ai le regard flou et l’oreille distraite. Je ne perçois plus le grondement des voitures qui remontent le boulevard proche, mais plutôt le froufrou des platanes qui secouent leurs feuilles trempées sur les passants pressés.
Tout ceci est bel et bon mais, me direz-vous, quid de la suite ? Pour le moment, rien à signaler. Je ne sais pas encore exactement de quoi demain sera fait. Je sais juste que je vais écrire de plus en plus de critiques littéraires et de papiers culturels, pour faire des piges un peu partout. En attendant de concrétiser le vrai projet qui m’anime, mais me fait encore un peu peur. Chuttt…..
J’ai eu la même impression cet été… En ville quand il faisait beau, et ailleurs quand il faisait frisquet, sous la pluie. L’an prochain, je mets le cap au grand soleil, je rêve de baignades !
Consolation : on aura un bel automne ! 🙂
Hé oui ma chère Stella, il y a pourtant de magnifiques hotels en bord de mer à Danang au Vietnam…Te souviens-tu?
Une grosse bise malgré ton silence
jp
Il faut oser les baignades sous la pluie en été : c’est délicieux : la mer est tiède, la puie aussi et lave le sel qui imprègne la peau. C’est là aussi un des plaisirs de l’Océan.