C’était une interview comme j’en ai vécu des quantités, ni bonne ni mauvaise, un peu confuse, mais j’ai connu pire. L’homme que nous venions rencontrer en délégation, le patron, la rédac’chef et moi-même à l’ambassade du Venezuela à Paris s’appelle Pablo Antonio Acosta, représentant de la communauté yoruba au Venezuela.
Grand, imposant, il a le teint clair et la peau fine au point qu’on pourrait le prendre pour un albinos. Il n’en est rien, c’est un Vénézuélien métis, comme la plupart de ses compatriotes, avec certainement davantage de sang amérindien qu’Africain. Or la civilisation yoruba est essentiellement africaine. Elle s’est développée dans le sud du Nigeria, dans ce que l’on appelait le Royaume de Bénin et dans la partie est de l’actuelle république du Bénin. N’être pas africain de sang ne l’empêche guère de l’être de coeur et il tisse avec un certain bonheur des liens entre les deux continents grâce à la culture et à la religion yoruba. Pour l’entretien, il a rapidement passé une tenue traditionnelle, un invraisemblable boubou nigérian en dentelle vert d’eau et orange pastel. Sur sa tête, il arborait fièrement un chapeau traditionnel où était inscrit en perles blanches son nom yoruba.
Après une heure d’explications, j’ai risqué une petite question : puisque vous êtes un initié et que vous pratiquez la divination, dites-moi si je vais bientôt rencontrer l’homme de ma vie ? Une fois rires et moqueries passées, je suis parvenue à le convaincre de l’authenticité de mon interrogation. En effet, je ne me moque jamais des capacités ni des dons divinatoires de mes interlocuteurs. L’Afrique m’a enseigné à ne pas mettre en doute ce type de foi. J’ai autant de considération pour un marabout que pour un chef d’Etat, l’un étant souvent bien moins menteur que l’autre.
Acosta a donc sorti d’une petite bourse en velours un chapelet de noix de kola, l’a posé sur mon front, a prononcé quelques formules en appelant l’Esprit des divinités sur lui et m’a répondu : « oui, mais pas tout de suite. C’est en préparation car c’est un homme particulier. Mais vous le rencontrerez, c’est sûr. » Pour le comprendre, il m’a fallu le traducteur, bien sûr, mais en l’espace de quelques instants, l’ambiance de la pièce s’est imperceptiblement modifiée. Mes incrédules confrères se sont sentis un court moment mal à l’aise. Un silence très profond a régné durant quelques secondes, avant que mon traducteur ne me livre la signification des paroles de cet improbable chef Yoruba vénézuélien. L’interprète lui-même a alors souhaité avoir une prédiction mais déjà, il était trop tard, les commentaires fusaient et le temps s’était à nouveau accélé, nous ramenant dans le monde réel, celui de l’ambassade, des magnétos branchés et de l’interview.
Voilà… J’aime bien ces instants d’étonnement volés au quotidien de la vie contemporaine.
Ca va etre quelqu’un de treeees bien!
(Gin gratos a la mansion le jour ou ca arrive, parce que bien sur ce sera quelqu’un qui va a Londres super souvent!)
C’est bien beau !
(et aussi sur ceux qui mentent moins que les autres !)
Hola Stella Maris:
Un saludo con todo cariño y afecto, gracias por la publicaciòn de fecha 5 de Julio del corriente, donde saliò la entrevista que gentilmente me hiciste para el diario Lemonde de Paris. Estoy muy pendiente de la entrevista para la revista Afrique-Asie para el mes de septiembre. Cualquier informaciòn pìdela por este correo. Espero que pronto conozcas al hombre que te harà feliz.
Mis respetos siempre. Pablo Antonio Acosta, Ifa Gbawale Aworeni