Tous les 29 février, paraît un délicieux journal appelé La Bougie du Sapeur. Lumineuse référence au Sapeur Camember, un homme que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, tout comme les plus de 20 ans qui n’ont pas une solide culture générale et bédétiste en particulier.
Le 29 février 1844 était déclarée à la mairie de Gleux-lès-Lure (Saône supérieure) la naissance d’un enfant de sexe masculin, fils d’Anatole Camember, cultivateur et de Polymnie Cancoillotte, son épouse. Ainsi ont commencé les facéties du Sapeur Camember,
dues à l’imagination de Georges Collomb, plus connu sous le pseudonyme de Christophe qui, du même coup, inventa la bande dessinée. On lui doit les aventures de la Famille Fenouillard et celles, désopilantes, du savant Cosinus.
Quoique fort sage dans son propos, La Bougie du Sapeur modèle contemporain n’en est pas moins plaisante à lire. Il y a des infos, des plaisanteries, quelques dessins bref, de quoi agrémenter un moment perdu. J’ai relevé, cette année, une petite blague que ne renierait pas l’Almanach Vermot, indispensable ouvrage qui se doit de figurer dans toutes les bonnes bibliothèques.
Parabole européenne
Après un naufrage, se réfugient sur une île déserte et merveilleuse, mais perdue au milieu du Pacifique :
– deux Italiens et une Italienne ;
– deux Français et une Française ;
– deux Allemands et une Allemande ;
– deux Grecs et une Grecque ;
– deux Anglais et une Anglaise ;
– deux Bulgares et une Bulgare ;
– deux Suédois et une Suédoise ;
– deux Irlandais et une Irlandaise ;
– deux Belges et une Belge ;
– deux Russes et une Russe ;
– deux Suisses et une Suissesse.
Trois mois plus tard, sur cette merveilleuse île déserte, voici ce qui s’est passé :
a) Un Italien a fait assassiner l’autre Italien pour l’Italienne.
b) Les deux Français et la Française forment un très harmonieux ménage à trois.
c) Les deux Allemands se partagent les faveurs de l’Allemande, en respectant très scrupuleusement l’alternance hebdomadaire.
d) Les deux Grecs couchent ensemble et la Grecque fait la cuisine et le ménage.
e) Les deux Anglais attendent désespérément que quelqu’un veuille bien avoir l’obligeance de leur présenter l’Anglaise.
f) Les deux Bulgares, après avoir jeté un regard à la Bulgare et scrupuleusement observé l’horizon, ont finalement décidé de tenter leur chance à la nage…
g) Les deux Suédois spéculent toujours sur les vertus du suicide alors que la Suédoise use et abuse des bains de soleil pour mettre son corps en valeur.
h) Les Irlandais ont commencé par diviser l’île en Nord et Sud et ont installé une distillerie au centre. L’important, pour eux, c’est que les Anglais n’en aient pas une goutte ! Quant au sexe, considérant qu’après quelques litres de whisky il règne une sorte de brouillard épais sur l’île, la question ne se pose même pas.
i) Les Belges ont fondé un gouvernement chacun, plus un pour les questions communes, un pour les matières personnalisables masculines auquel la femme ne participe pas et une commission de concertation sur l’emploi des langues au cas où la femme, qui a une grand-mère flamande, dirait une phrase ou deux en néerlandais par accident. Finalement, le mariage relevant de quatorze compétences avec chevauchement, les hommes négocient leur droit de faire la cour à la femme en faisant du troc avec une vieille boîte de cachets d’aspirine.
j) Le premier Russe a épousé la femme russe et a divorcé peu après. Il est le meilleur client de la distillerie irlandaise. Le second Russe s’est fait un peu d’argent en assassinant un des deux Italiens et en négociant les visas de sortie des deux Bulgares. Avec cet argent, il a acquis 33,3 % des parts de la distillerie irlandaise, obtenu une licence de vente exclusive pour les Anglais et engagé un Grec comme vendeur. Il emploie de plus les Allemands comme gardes du corps pour lui et sa fiancée russe, en promettant à la Bulgare le poste de nurse pour son premier enfant. Enfin, il prend régulièrement des cours d’anglais avec la Suédoise.
k) Les trois Suisses, quant à eux, ont sorti un nouveau catalogue Printemps / Eté.
Etant natif de la Haute-Saône (ex- Saône supérieure) je connais très bien -quoique pas personnellement- le Sapeur Camembert! Sa génitrice portant d’ailleurs le nom du fromage emblème de la région Franc-Comtoise…
J’ai passé mes oraux de bac à Lure, la ville officielle de nos jours du Sapeur Camembert dont une effigie salue les visiteurs entrant et sortant de la ville. Toute une culture, et de plus nous ne sommes pas très loin d’Epinal (Vosges, Lorraine) cité des images du mème nom créées par l’Imagerie Pèllerin.
Ah je raffole de cette parabole ! Merci Stella.
(Est-ce que ton champ te mène Chez Nelly, tu sais là où il y a des crevettes que tu aimes ? Un vendredi par exemple.)
Voila qui manquent à la culture de nos jeunes têtes blondes : Le Sapeur Camember, l’Almanach Vermot, etc….j’en passe et des meilleurs.
Mais comme c’est ringard…….. et pourtant…… où est l’humour raffiné de ces époques maintenant révolues (ceci sans larmoiements sentimentaux, simplement dans le regret d’une culture qui se perd sans que celle qui lui succède n’apporte cette satisfaction disons, intellectuellement jouissive).
Mais tout n’est pas dénué d’intérêt dans ce que nous propose la génération actuellement « active » et « virulente ».
Raccrochons nous aux wagons, papys et mamies : ouvrons nos sensibilités aux formulations actuelles qui sont loin d’être inintéressanes.
J’ai un souci, voilà je n’ai pas compris le sens de la parabole européenne, et je dois expliquer pour demain comment ces préjugés sont ils venus ? :/
merci de votre aide !